Conférences souveraineté : les conclusions territoriales dans le Grand Est
« Sécuriser pour amplifier, investir dans les maillons qui fragilisent les filières voire en empêchent le développement, faire de l’origine Grand Est un repère de confiance et de valeur » : tels sont les trois messages ressortis des débats des deux journées consacrées à la phase territoriale des Conférences de la Souveraineté alimentaire dans le Grand Est qui se tenaient les 13 et 19/05/2026.
Pilotée par le préfet de la Région Grand Est
• Assemblée délibérante de la région Grand Est• Création : 01/01/2016 (fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne)• Budget primitif agriculture 2026 : 49,729 M€• Budget primitif…
, la Région et les Chambres d’agriculture Grand Est, la synthèse vient d’être validée et publiée par la Draaf
Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt
le 24/08/2026.
« Les travaux engagés ont confirmé que la souveraineté alimentaire de la région Grand Est et sa contribution à la souveraineté nationale, dépendront avant tout de sa capacité collective à faire émerger, accompagner et accélérer des projets. Ils n’auront de sens que s’ils permettent de créer de la valeur pour les agriculteurs, les filières et les territoires, et de garantir une répartition plus juste de cette valeur », est-il écrit en conclusion de l’analyse stratégique.
Différents groupes de travail étaient organisés sur des thématiques filières de production correspondant aux spécificités territoriales :
• Grandes cultures ;
• Viandes blanches (volailles et porcs) ;
• Ruminants et chevaux
• Fruits et légumes ;
• Viticulture et cidriculture ;
• Productions végétales spécialisées ;
• Pêche et aquaculture.
News Tank publie les principaux objectifs par filière dans une trajectoire à 2036.
Les trajectoires retenues à 10 ans par rapport aux objectifs nationaux par filière
Grandes cultures
- Farine : continuer à être leader français dans la production de blé et maintenir les outils de transformation existants sur le territoire
- potentiel de production connu : 70 000 tonnes de farine
- Pâtes/blé dur : développer une filière dans le Grand Est
- en lien notamment avec le projet Transitions2 du groupe Vivescia
- Poursuivre le développement des filières de protéines végétales et de textiles ainsi que le développement de toutes les utilisations non alimentaires
- Le contrat de filière protéines végétales signé en 2025 vise à doubler les surfaces de légumineuses dans la région. La Région s’investit dans un projet d’adaptation des variétés de légumineuses (soja, pois, féverole, lentilles) au changement climatique, en lien avec des semenciers et des transformateurs aval, projet Life Adaptest, en partie financé par la Commission européenne
Principal organe exécutif de l’Union européenne.• Création : 1958• Rôles et missions :- Participe à la stratégie globale de l’UE ;- Propose de nouvelles législations et politiques, assure le suivi…
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- Le contrat de filière protéines végétales signé en 2025 vise à doubler les surfaces de légumineuses dans la région. La Région s’investit dans un projet d’adaptation des variétés de légumineuses (soja, pois, féverole, lentilles) au changement climatique, en lien avec des semenciers et des transformateurs aval, projet Life Adaptest, en partie financé par la Commission européenne
- Soutenir les projets émergents sur le territoire, en lien avec l’augmentation des cheptels et l’alimentation animale locale en lien avec l’augmentation des surfaces de légumineuses destinées à l’alimentation animale
- Programme Ambition Éleveurs
- Accompagner les développements de toutes les filières industrielles des ingrédients alimentaires et des très nombreux usages non alimentaires
- Favoriser la transformation locale des biomasses pour la production d’ingrédients alimentaires à forte valeur ajoutée
- Développer de nouveaux débouchés industriels : bioplastiques, matériaux biosourcés, fibres textiles d’origine végétale, molécules pour la cosmétique, biocarburants, produits issus de la chimie verte
Les leviers pour les Grandes Cultures
• Réglementation : besoin de simplification et de cohérence au sein de l’UE.
• Politique/géopolitique : relocaliser les moyens de production, arrêt des conflits.
• Promotion/communication : rééduquer le consommateur, connexion au monde agricole, partir de la demande pour établir l’offre, placer le consommateur en début de chaîne
• Décarbonation/autonomie fertilisant/autonomie énergétique : l’agriculture est une solution. Produire des engrais durables, décarboner les entreprises en se basant sur des modèles existants et approuvés, valoriser les coproduits, les effluents d’élevage, produire de l’énergie durable, inciter à la production de légumineuses en tant que cultures fertilisantes apportant de l’azote.
• Renouvellement des générations : rendre les métiers de l’agriculture et de la transformation plus attractifs.
• Structurer une gouvernance interfilière et des acteurs moteurs. Sans chef de file, les projets et les actions restent isolés : identifier des industriels « locomotives », créer une gouvernance territoriale multi-acteurs.
• Sécuriser les ressources et les flux (matières premières, énergie, biomasse) : biomasse abondante mais exposée à des tensions croissantes : accompagner la prise de risque, contractualisation amont/aval, mise en place de stratégie territoriale de gestion des ressources et de bouclage de la biomasse, anticiper les problématiques émergentes liées à la ressource eau, son accessibilité, sa gestion.
• Développer les infrastructures de données et la traçabilité carbone (les données sont fragmentées et peu exploitables).
• Défi logistique industriel et dans le transport : accompagner le renouvellement des parcs matériels vieillissants, accompagner la modernisation.
• Développer les synergies territoriales d’économie circulaire et diversifier les débouchés : favoriser la bioéconomie, développer les PAT Projet alimentaire territorial (Projets Alimentaires Territoriaux) et les initiatives locales pour la souveraineté alimentaire et agricole.
Viandes blanches
« Appel à un développement raisonné et progressif, afin de pouvoir faire face à une potentielle baisse de la croissance de la demande ou à un retournement du marché. »
- Maillage des outils d’abattage/transformation de volailles :
- intérêt pour un outil en Lorraine (au centre de la région) pour bien couvrir l’ensemble du territoire. Celui-ci pourrait s’établir potentiellement dans les Vosges et concernerait une unité d’abattage et de prestation de service (volailles bio/conventionnelles/circuits courts).
- Ces outils s’accompagnant d’un développement de la filière volaille de chair, ils conduiraient à un développement de la production de volailles de chair.
- Potentiel de production de 150 poulaillers en volailles de chair pour 3,84 millions de places avec 110 poulaillers standards (de 4 000 à 40 000 places par poulailler) et 40 poulaillers en Label Rouge (4 400 places par poulailler)
- Maillage des outils de transformation d’œufs/casserie :
- Absence d’outils de première transformation d’œufs de consommation, ce qui peut freiner le développement de la filière.
- Projet intégré de développement de 13 élevages de poules pondeuses associés à un centre de conditionnement et la création d’une casserie est porté par un opérateur en Alsace pour début 2027.
- Une réflexion a lieu en Lorraine autour d’un projet qui se situe néanmoins sur des échéances de moyen terme.
- Potentiel de production : 40 poulaillers, soit 1,47 M de places de poules pondeuses.
Les leviers et propositions pour les viandes blanches
• Favoriser l’attractivité des métiers autour des métiers en élevage granivore (notamment en porcs) : développer les formations dans les centres de formations et disposer d’un (ou plusieurs) établissement(s) disposant d’un atelier porc, afin de pouvoir faire découvrir et pratiquer l’élevage porcin aux jeunes ; davantage faire connaître les métiers et l’élevage porcin aux enseignants et ainsi réduire les réticences vis-à-vis de ce type d’élevage ; interdire les communications anti-élevage (type L214
• Association de défense des animaux utilisés comme ressources alimentaires.• Création : 2008• Missions :- Soulever la question animale auprès des citoyens et dans le débat public ; - révéler les…
) dans les établissements scolaires.
• Simplification administrative : piste proposée = possibilité d’ « exporter » une autorisation sur des installations existantes vers un nouveau projet neuf.
Ruminants et chevaux
« Les participants ne remettent pas en cause la trajectoire nationale fixée pour les viandes de ruminants et s’inscrivent dans cette dynamique de production à travers plusieurs projets. »
- Développer une filière de veaux croisés à l’engraissement
- Recréer des ateliers d’engraissement de jeunes bovins (JB)
- A minima maintenir le potentiel de production de la région (prévisions de départs à la retraite de détenteurs d’atelier d’engraissement).
- Développer l’élevage ovin en Grand Est
- Potentiel de production : 3 000 places de JB, 800 places de veaux sevrés 25 000 places d’agneaux à échéances 2030, soit 35 000 agneaux sevrés/an à terme
Pistes de travail évoquées pour les ruminants
• Renforcer l’attractivité de l’élevage (humain, organisation et conditions de travail…) ;
• Renforcer le déploiement des solutions facilitant l’organisation du travail (robotique, IA Intelligence artificielle …) ;
• Imaginer de nouvelles formes capitalistiques permettant la reprise des exploitations ;
• Développer des formes innovantes de contractualisation long terme, ou des systèmes intégrés ;
• Développer de nouvelles formes sociétaires, accentuer la présence des formes sociétaires existantes ;
• Communiquer sur les aménités attributs physiques, géophysiques et biologiques caractéristiques des communes rurales qui rendent des services écosystémiques générant des valeurs économiques et environnementales de l’élevage, l’image de l’élevage extensif ;
• Travailler sur la disponibilité des produits en quantité en régularité ;
• Œuvrer au maintien des outils de transformation dans la région ;
• Créer la concertation notamment avec la RHD Restauration Hors Domicile en améliorant les outils d’échanges/des plateformes entre apporteurs et acheteurs qui existent mais ne fonctionnent pas de manière optimale ;
• Mettre en cohérence les volumes de production et les outils de valorisation sur l’ensemble du territoire du Grand Est ;
• Conduire une réflexion sur chaque filière quant à ses leviers de compétitivité ;
• Revenir à une approche par segment de marché pour préserver l’entrée de gamme, cœur de gamme… tout en veillant à ce que la segmentation vers le haut de gamme ne limite pas le prix, premier critère de choix pour le consommateur au moment de l’acte d’achat ;
• Travailler à la complémentarité entre les différentes régions du Grand Est dans le but d’améliorer la résilience entre les exploitations de grandes cultures et celles d’élevage ;
Fruits et légumes
« Les acteurs des filières du Grand Est s’accordent sur la nécessité d’enclencher une dynamique de relocalisation des productions de fruits et légumes en France. Ils soulignent cependant que cet objectif ne pourra être atteint qu’à deux conditions :
- Un accompagnement politique fort, par exemple sous la forme d’une commande publique exemplaire ;
- Une juste rémunération des producteurs. »
- Renforcer la compétitivité des filières régionales, leur modernisation et leur restructuration afin de rivaliser avec l’offre hautement compétitive des grandes zones de production européennes.
- Sans soutien de la PAC Politique Agricole Commune , la réussite de cette filière passera par une stratégie ciblée : le développement de produits sur un segment de moyenne gamme, permettant d’abandonner l’entrée de gamme.
- Professionnaliser une offre locale répondant à des critères exigeants : qualité, quantité, régularité et saisonnalité.
- Développer une transformation locale en Grand Est (4ᵉ gamme, surgelés, conserves…), complémentaire du marché du frais, à l’image des réussites observées dans la choucroute ou la mirabelle.
- Objectifs de production à horizon 5 ans :
- 20 000 poires ;
- Doublement de la surface de production en tomates cerises (Alsace) ;
- Production de 1 000 tonnes de noix d’ici 5 ans.
Les leviers pour les fruits et légumes
• Structurer des outils collectifs : mutualisation de la production, de la transformation et des appels d’offres.
• Promouvoir les marques locales : tester leur visibilité via un magasin pilote (Fruits et Légumes d’Alsace). • Analyser les types d’exploitations à accompagner pour cibler les besoins spécifiques.
• Expérimenter le maraîchage en atelier complémentaire dans les systèmes polyculture-élevage, en évaluant la valeur ajoutée par rapport à l’agrandissement des exploitations.
• Massifier la production pour atteindre une échelle économique viable.
• Établir des partenariats avec les industries régionales de transformation afin de maîtriser les prix des produits transformés et garantir la compétitivité des prix frais.
• Impliquer les grandes surfaces (GMS Grande et moyenne surfaces ) dans les discussions pour une meilleure coordination de la filière.
• Harmoniser le cadre législatif européen (Égalim États généraux de l’alimentation , normes européennes) pour une régulation cohérente.
• Créer un contrat de travail saisonnier intégré au code rural pour sécuriser les emplois saisonniers.
• Préserver les droits RSA Revenu de solidarité active pour les travailleurs saisonniers (exemples : Vega fruit et expéditions dans le 54).
• Trouver des solutions pour réduire la pénibilité du travail dans les exploitations.
• Intégrer les centres de formation dans la réflexion filière pour adapter les compétences aux besoins du secteur.
• Accompagner les producteurs dans l’adoption de technologies de conservation (étalement des marchés, sécurisation des volumes).
• Expérimenter de nouvelles opportunités émergentes via des essais ciblés.
• Développer et optimiser les outils de transformation pour valoriser les écarts de tri et renforcer la contractualisation.
• Renforcer la transversalité entre les centres techniques : rapprochement CTIFL
• Organisme de recherche appliquée au service de la filière fruits et légumes, de la production à la distribution.• Création : 1952• Activités :- cinq centres opérationnels mènent des programmes…
/institut du vin (exemple : collaboration entre viticulteurs du sud-ouest et arboriculteurs).
• Cartographier les sols pour identifier leurs potentialités et sortir des idées reçues sur les bassins de production.
Viticulture et cidriculture
- Adapter l’offre à la demande, en tenant compte des évolutions du marché et des attentes des consommateurs.
- Préserver le potentiel de production face aux défis majeurs que sont :
- Le dépérissement des vignes,
- Les conséquences du changement climatique,
- La lutte contre la flavescence dorée,
- L’adaptation aux contraintes phytosanitaires de plus en plus strictes.
- Innover à la fois sur le plan variétal (sélection de cépages adaptés) et produit (développement de vins sans alcool ou faiblement alcoolisés, nouvelles méthodes de valorisation, etc.).
- Renouveler les générations de vignerons et d’acteurs du secteur pour assurer la pérennité des exploitations.
- Relancer la consommation grâce à des actions de promotion et de dynamisation de l’œnotourisme.
- Renforcer les actions collectives à l’export pour conquérir de nouveaux marchés.
- Bénéficier d’une stabilité normative et commerciale pour sécuriser les investissements et les projets à long terme.
Productions végétales spécialisées
« La trajectoire proposée ne peut pas être uniquement quantitative. Pour les productions végétales spécialisées, l’augmentation des volumes n’a de sens que si elle s’accompagne d’une sécurisation des débouchés, d’une meilleure structuration collective, d’une capacité d’investissement, d’une réponse aux impasses techniques et d’une montée en compétences des actifs.
L’objectif à dix ans est donc de consolider des filières régionales capables de contribuer à la souveraineté alimentaire et végétale, sans fragiliser les producteurs par des investissements insuffisamment sécurisés. »
- Apiculture :
- Développer la production régionale de miel en cohérence avec les ressources mellifères disponibles,
- renforcer la valorisation de l’origine,
- sécuriser l’état sanitaire des cheptels et faire reconnaître l’apiculture comme filière transversale au service de la pollinisation, de la biodiversité et des autres productions végétales.
- Houblon :
- contribuer à l’objectif national de montée en puissance, mais sous condition d’une contractualisation solide avec les brasseurs, d’engagements plus longs, d’une valorisation claire de l’origine Grand Est/Alsace et d’un soutien aux investissements et à la recherche variétale.
- Projet de doublement des surfaces en place : 500 à 1 000 ha.
Pêche et aquaculture
- Une demande de marché bien présente.
-
« Un participant indique notamment qu’il pourrait multiplier par trois sa production de truites afin de répondre à la demande. Plusieurs piscicultures existantes dans le Grand Est pourraient également être remises en production. »
-
- Objectifs de production : augmentation de la production de 400 tonnes/an de truites et 200 tonnes/an de pêches avec transformation en partie (filets).
Les leviers et propositions pour la pêche et l’aquaculture
• Remise en activité des anciennes installations : faciliter la remise en activité des anciennes piscicultures. Concernant l’accès au foncier (reprises par le CEN
Conservatoire des espaces naturels
via la SAFER
• Société anonyme, sans but lucratif, avec missions d’intérêt général, sous tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances• Création : 05/08/1960, par la loi d’orientation…
, teneur du cahier des charges imposé par le CEN), travailler avec la SAFER afin de définir des cahiers des charges compatibles avec une activité économiquement viable.
• Prédation : renforcement de la régulation des populations de cormorans.
• Transmission des exploitations : le renouvellement des générations agricoles (RGA) constitue un enjeu important afin d’encourager les reprises de piscicultures lors des départs à la retraite.
• Réglementation : intégrer pleinement la pisciculture dans les réflexions relatives aux SAGE et SDAGE ; faire évoluer la posture administrative vers davantage d’accompagnement et de conseil ; relever le seuil admissible de nitrates en sortie d’exploitation (+ 5 mg/l) ; privilégier une obligation de résultat concernant la qualité des eaux rejetées plutôt qu’une obligation de moyens.
• Relever le seuil d’autorisation ICPE installations classées pour la protection de l’environnement à 200 tonnes.
Région Grand Est (Conseil régional du Grand Est)
• Assemblée délibérante de la région Grand Est
• Création : 01/01/2016 (fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne)
• Budget primitif agriculture 2026 : 49,729 M€
• Budget primitif agriculture 2025 : 49,84 M€
• Budget primitif agriculture 2024 : 58,04 M€
• Effectif : 169 conseillers régionaux
• Président : Franck Leroy
• Vice-président en charge de la bioéconomie, bioénergies et alimentation durable : Philippe Mangin
• Chef du service Agriculture : Philippe Lecomte
• Contact : Sandra Rupp-Lang, cheffe du pôle presse
• Tél. : 03 88 15 68 67
Catégorie : Collectivités territoriales
Adresse du siège
1 place Adrien Zeller67000 Strasbourg France
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Fiche n° 16144, créée le 23/10/2024 à 16:24 - MàJ le 31/08/2026 à 16:31

Principal organe exécutif de l’Union européenne.• Création : 1958• Rôles et missions :- Participe à la stratégie globale de l’UE ;- Propose de nouvelles législations et politiques, assure le suivi…