SNBC 3 : un « document important » mais des leviers « qui n’avaient pas permis d’obtenir des résultats » (HCC)

News Tank Agro - Paris - Actualité n°433835 - Publié le
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« Nous saluons la publication du projet final du SNBC Stratégie Nationale Bas-Carbone 3, qui nécessite une adoption rapide. C’est un document important pour garantir la continuité de l’action climatique de la France vers l’atteinte de la neutralité carbone. Néanmoins, le projet reprend certains leviers de la précédente stratégie, qui n’avaient pas permis d’obtenir des résultats à la hauteur des objectifs fixés », indique Jean-François Soussana Président @ Haut Conseil pour le climat (HCC) • Membre du groupe de travail impact, vulnérabilité et adaptation @ Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat
, président du HCC, le 12/03/2026. Le HCC rendait son avis sur le projet final de SNBC 3, publiée le 12/12/2025. Cet avis, rédigé à la suite d’une saisine du gouvernement, visait notamment à évaluer « la cohérence, l’ambition et la crédibilité du projet ».

Rappelant que « la France est le premier État à doter sa stratégie d’un objectif sur son empreinte carbone », le président du HCC ajoute que « l’ambition en matière de réduction des émissions de GES Gaz à effet de serre brutes a aussi été rehaussée afin de s’aligner avec le “fit for 55” européen, ce qui compense la révision à la baisse de la contribution des puits forestiers de carbone ».

Pour garantir la crédibilité de la SNBC 3, le HCC identifie plusieurs leviers : parmi eux, « la mise en œuvre rapide et effective des programmations (comme la PPE Programmation pluriannuelle de l’énergie 3), des outils contractuels et des financements mobilisant un ensemble de leviers à court et moyen terme ».

De son côté, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature estime que « cet avis reflète bien le travail réalisé par l’administration et le gouvernement sur cette stratégie, cohérente avec nos objectifs européens, qui apporte des nouveautés, notamment sur le budget en empreinte et le traitement du numérique, et essaie d’expliquer l’ensemble des leviers nécessaires pour atteindre nos objectifs climatiques ».

« Il y aura un travail continu avec l’agriculture sur la réduction des émissions tout en assurant la souveraineté alimentaire. L’enjeu est bien de pouvoir réduire nos émissions sans que cela se fasse au détriment de notre agriculture. Nous allons continuer à travailler avec ce secteur, mais sans levier spécifique », assure-t-il.

Le ministère indique qu’il considérera « une partie des recommandations » lors de la finalisation de la SNBC 3. Une dernière consultation publique est prévue au printemps 2026, avant la publication du texte.


« Garantir l’atteinte des objectifs de la SNBC 3 par une mise en œuvre rapide des programmations »

« La crédibilité de l’accélération de la réduction des émissions se pose après deux années de faible baisse », selon le Haut Conseil pour le Climat. Le second budget carbone (2019-2023) a été atteint, mais en partie du fait d’effets conjoncturels (Covid, inflation…). Les années récentes (2024, 2025) voient des baisses d’émissions très limitées sans certitude d’améliorations.

« Pour respecter le troisième budget carbone, les émissions brutes doivent baisser de plus de 4 % par an, compte tenu des réductions estimées en 2024 à seulement -1,8 %, et pré-estimée également en 2025 à -1,8 %. » (HCC Organisme indépendant chargé d’émettre des avis et recommandations sur la mise en œuvre des politiques et mesures publiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la… )

Selon l’avis, cette accélération dépend d’autres plans et stratégies et de leur déclinaison opérationnelle, « et en particulier de la PPE 3 qui est compatible avec la SNBC 3, mais qui prend des hypothèses hautes pour la disponibilité du parc nucléaire existant. De plus, l’objectif 2030 pour la biomasse solide paraît excessivement ambitieux, ce qui pose des questions pour sa territorialisation.

Au-delà de la PPE 3, les modalités de mise en œuvre reposent sur d’autres textes, tels que :

  • la SNMB (stratégie nationale de mobilisation de la biomasse), révisée qui doit être publiée avant la fin de l’année ;
  • la Snanc Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat  ;
  • le plan d’électrification des usages, dont les travaux sont initiés.

Les mesures dont dépendent l’accélération de la décarbonation et le renforcement des puits de carbone sont aujourd’hui identifiées et disponibles, elles doivent être déployées et disposer des moyens à la hauteur du potentiel de réduction d’émissions attendu », d’après le HCC.

Des leviers financiers fournis par le cadre européen, et notamment le SEQE

Le HCC met aussi l’accent sur les leviers financiers disponibles dans le cadre européen, dont la mobilisation « est essentielle et pourrait être davantage détaillée ». En particulier, les systèmes d’échange de quotas d’émissions (SEQE-UE) accompagnent les objectifs de réduction d’émissions.

« La révision à venir du SEQE-UE 1 dans le domaine de l’énergie doit être conduite de manière ambitieuse, mais si nécessaire avec des modulations liées à la flambée des cours du gaz et à la hausse des cours du pétrole depuis le déclenchement fin février 2026 de la guerre en Iran », poursuit le HCC.

Par ailleurs, « la déclinaison du SEQE-UE 2 dans les secteurs des bâtiments et des transports doit servir les objectifs de la SNBC 3. Il s’agit notamment dans le cadre de la déclinaison française du SEQE-UE 2 de permettre la mobilisation du fonds social climat, dont le plan associé doit décrire les mesures d’accompagnement des publics les plus vulnérables à la transition ».

Jean-François Soussana


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Parcours

Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat
Membre du groupe de travail impact, vulnérabilité et adaptation
Nations Unies
Expert du comité scientifique
Institut national de la recherche agronomique
Directeur scientifique pour l’environnement
Institut national de la recherche agronomique
Directeur de recherches

Établissement & diplôme

Institut Agro Montpellier (Montpellier SupAgro)
Dipôme ingénieur
Université de Montpellier
Doctorat biologie, mention physiologie végétale

Fiche n° 51812, créée le 20/06/2024 à 11:15 - MàJ le 12/03/2026 à 12:22

Haut Conseil pour le climat (HCC)

Organisme indépendant chargé d’émettre des avis et recommandations sur la mise en œuvre des politiques et mesures publiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France.
• Création : installation le 27/11/2018, puis le 14/05/2019 par décret
• Missions :
- émettre un rapport consultatif tous les ans sur le respect de la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre et la bonne mise en œuvre des politiques et mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et développer les puits de carbone
- émettre un avis tous les 5 ans sur les projets de stratégie bas carbone et de budgets carbone et sur la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre sur laquelle s’engage la France.
• Composition : experts de la science du climat, de l’économie, de l’agronomie et de la transition énergétique
• Président : Jean-François Soussana (depuis juin 2024)
• Directrice, chargée des relations institutionnelles  : Florence Allot
Contact : Elisa Sgambati
Tél. : 01 42 75 62 62


Catégorie : Administration centrale


Adresse du siège

20 avenue de Ségur
75007 Paris France


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Fiche n° 15839, créée le 20/06/2024 à 11:14 - MàJ le 03/04/2026 à 09:49

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