Société : « Une agriculture moins centrée sur le volume et davantage sur la valeur » (Sondage OpinionWay)
« Les Français projettent une agriculture moins centrée sur le volume et davantage sur la valeur : revenu des agriculteurs, qualité des produits, durabilité et ancrage territorial. L’enjeu est autant économique que social et territorial » : tel est l’un des quatre principaux enseignements du sondage « L’agriculture demain, quel avenir dans nos assiettes ? » réalisé par OpinionWay, pour le compte de Make.org Foundation et #agridemain, organisateurs des Journées nationales de l’agriculture, sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, qui auront lieu les 05, 06 et 07/06/2026, et publié le 29/05/2026.
Dans cette étude, le revenu du monde agricole occupe une place centrale dans les principales préoccupations et projection des Français pour l’agriculture de demain.
Ils sont par exemple 25 % à estimer qu’assurer un revenu juste aux agriculteurs doit être l’objectif prioritaire de l’agriculture française pour les vingt prochaines années (devant privilégier la qualité des produits, 24 % ; et produire davantage localement, 23 %).
À la question « Quelles évolutions de l’agriculture française vous paraissent essentielles pour l’avenir ? », là encore, les sondés placent une agriculture plus rémunératrice des agriculteurs en première place, à 47 %, devant une plus locale ou en circuits courts (42 %), et plus respectueuse de l’environnement (37 %).
Sur ces évolutions essentielles de l’agriculture attendues par les Français, au global, 72 % portent sur la souveraineté et les normes (plus local, plus transparente, plus souveraine, plus réglementée et contrôlée), 68 % sur l’environnement (plus respectueuse de l’environnement, plus durable, plus biologique, plus résiliente), 57 % sur l’aspect social (plus rémunératrice pour ses agriculteurs, plus humaine) et 18 % sur la transformation (plus innovante, plus diversifiée).
Enfin, pour 59 % des interrogés, le premier défi que rencontrent les agriculteurs aujourd’hui est bien lié à obtenir un revenu juste et stable, suivi, pour 55 % d’entre eux, de faire face à la concurrence internationale, et pour 44 %, de gérer les aléas climatiques.
Les quatre enseignements de l’étude « L’agriculture demain, quel avenir dans nos assiettes ? », par OpinionWay
• Une diversification des modèles alimentaires : le modèle omnivore reste dominant, mais les Français composent leur alimentation selon leurs arbitrages, leurs contraintes et leurs aspirations.
• Des attentes fortes qui dépassent le seul geste consommateur : si les actions individuelles dominent, elles s’accompagnent d’attentes implicites envers le système agricole : qualité, transparence, juste rémunération des producteurs et ancrage local. Le citoyen et le système ne s’opposent pas, ils se répondent.
• Une relation au monde agricole fondée sur la proximité et l’incarnation : la confiance est d’abord accordée à ceux qui produisent et incarnent l’alimentation au quotidien. Cette proximité nourrit une attente de lien plus direct, plus lisible et plus concret avec le monde agricole.
• Une agriculture attendue comme solution de rééquilibrage du système alimentaire : les Français projettent une agriculture moins centrée sur le volume et davantage sur la valeur : revenu des agriculteurs, qualité des produits, durabilité et ancrage territorial. L’enjeu est autant économique que social et territorial.
Le rejet d’un modèle plus mondialisé et industrialisé
La dynamique observable pour les évolutions de l’agriculture apparaissant comme essentielles est la même pour les évolutions qui posent le plus d’interrogations pour l’avenir aux Français : les thématiques relatives à la souveraineté et aux normes (60 %) et celles relatives à la dimension sociale (58 %) sont les principales mentionnées.
Dans le détail, la première inquiétude des sondés sur les évolutions de notre agriculture est qu’elle devienne plus dépendante aux importations étrangères (38 %). Suit le fait qu’elle devienne plus chère pour les consommateurs (37 %), plus influencée par les grands groupes et lobbies agroalimentaires (35 %) et plus difficile pour les agriculteurs (35 %).
28 % mentionnent une agriculture qui serait moins respectueuse de l’environnement, et 27 % plus industrialisée.
« Elles traduisent un rejet implicite d’un modèle plus mondialisé, industrialisé et concentré, au profit d’une agriculture perçue comme plus locale, plus humaine et plus indépendante. »
OpinionWay
Une défiance générale envers les institutions et l’industrie
Les inquiétudes principales des Français à l’égard des évolutions futures de l’agriculture sont confortées par la confiance qu’ils placent, ou non, dans les acteurs des secteurs agricole et agroalimentaire, pour favoriser une alimentation plus saine.
S’ils sont 91 % à se faire confiance à eux-mêmes, l’amont agricole est ensuite omniprésent : les agriculteurs (84 %) et les salariés de l’agriculture (82 %) arrivent ensuite. Viennent ensuite les consommateurs, à 70 %. Le second échelon de confiance est composé des chercheurs et des scientifiques (69 %) et des associations environnementales (69 %) ainsi des restaurateurs (66 %).
Le troisième et dernier échelon rassemble plus défiance que de confiance pour une alimentation future plus saine : l’industrie agroalimentaire en tête (72 % des Français ont répondu ne pas avoir confiance pour l’objectif présenté), suivie de la grande distribution 68 %), et de l’État (66 %).
« La confiance est d’abord incarnée par les acteurs de proximité : agriculteurs, salariés agricoles et individus eux-mêmes. Les Français associent ainsi déjà clairement l’agriculture à leur alimentation idéale, à l’inverse des institutions et grandes structures, qui suscitent une défiance marquée car jugées plus éloignées et opaques. »
OpinionWay
