Conférence de la souveraineté alimentaire : « Partager un objectif de finalité dès le lancement » (P. Horel)

News Tank Agro - Paris - Interview n°421876 - Publié le
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« Nous voulons absolument y voir naître une déclinaison concrète d’un contrat d’avenir engageant les politiques, le secteur économique et les agriculteurs dans une durée limitée. Ils ne sont pas parfaits, mais il faut nous laisser la possibilité de le faire collectivement, d’avoir une phase test. Ça n’a pas vocation à accompagner tous les agriculteurs du territoire dans le même temps parce que nous n’avons pas tous le même degré de besoin d’adaptation au changement. L’idée est de prendre des cas très concrets de solutions apportées aux agriculteurs, de manière assez durable. Nous voulons emmener tout le monde dans une dynamique de prise de conscience », déclare Pierrick Horel Éleveur bovin @ Indépendant
, président de Jeunes agriculteurs • Syndicat professionnel de la profession agricole • Création : 1957 • Missions : - Défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et ceux qui sont en phase d’installation, proposer des idées… , à propos des conférences de la souveraineté alimentaire, à News Tank, le 03/12/2025.

Les conférences de la souveraineté alimentaire se lanceront le 08/12/2025 à Rungis, à l’initiative de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard Ministre @ Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire
. JA Jeunes Agriculteurs, syndicat agricole participera à ce lancement. Pierrick Horel détaille, pour News Tank, les attentes des jeunes agriculteurs autour de ces travaux.

« Nous participerons au lancement du 08/12/2025, ainsi qu’aux premiers travaux. Mais si nous voyons que tout cela n’est finalement qu’un énième constat de plan de filière, que nous avons du mal à nous mettre dans un projet prospectif, nous le dénoncerons. Nous voulons des réponses concrètes pour les agriculteurs, même si elles ne sont pas parfaites, il va falloir que nous en ayons très rapidement. Dès même le lancement, la ministre doit partager un objectif de finalité. »


Pierrick Horel répond aux questions de News Tank.

Qu’attendez-vous concrètement de ces rendez-vous ?

Avant tout, c’est une bonne chose que ces conférences de la souveraineté alimentaire se tiennent. Une partie des organisations professionnelles discute du sujet du lancement. Certes, sur la forme, je trouve cela très orienté sur une opération de communication, et que par ailleurs, cela ne poursuit pas l’objectif d’une déclinaison opérationnelle de prise de conscience, d’accompagnement du changement de l’agriculture. Les signaux envoyés pour le moment ne sont pas vraiment au vert, mais nous n’avons pas envie de perdre de temps à déplorer la forme.

Avoir rapidement une vue exhaustive du travail produit dans chaque filière

Néanmoins, nous rentrons tout de suite dans une phase de travail, c’est ce qui nous intéresse. L’objectif de ces conférences de la souveraineté alimentaire est d’avoir assez rapidement une vue exhaustive du travail produit dans chaque filière, au travers des plans de filières. On a de la matière pour poser des diagnostics partout. L’idée est d’en avoir une déclinaison locale, pour les faire correspondre à une réalité territoriale.

Nous nous inscrivons pleinement dans ces conférences, car c’est l’occasion de discuter, proposer et présenter nos solutions de contrats d’avenir, sur lesquels nous travaillons depuis les mobilisations 2024. C’est l’occasion de débattre autour du changement de cap que l’agriculture doit opérer, accompagné par la force politique, à l’échelon national, régional et plus singulièrement local. Ce changement doit s’engager avec l’ensemble des acteurs des filières — transformateurs, distributeurs, coopératives. Nous voulons emmener tout le monde dans une dynamique de prise de conscience, forte de diagnostics issus de ces fameux plans de filière, pour savoir ce qui fonctionne et ne fonctionne plus, pour ensuite proposer des solutions opérantes aux agriculteurs sur la base de contrats d’avenir pour commencer à engager les premiers changements.

Maintenir une souveraineté s’accompagne généralement de la garantie du renouvellement des générations. Cela place-t-il Jeunes agriculteurs davantage au centre de ces conférences ?

Tous les feux sont donc au vert pour le faire avec les jeunes agriculteurs

Nous le croyons très fort dans le réseau, pour la simple et bonne raison que lorsqu’on vient de s’installer ou qu’on va le faire, on est en capable de remettre en question et d’interroger son modèle de production, beaucoup plus facilement que quand on a 50, 55 ou 60 ans. Le plus souvent, parce que c’est un modèle qui a fonctionné jusque-là, que ces agriculteurs sont proches de la fin du cycle professionnel et qu’à ce titre, ils sont moins enclins à engager des transformations. Ce n’est pas une critique, mais un constat. Voilà pourquoi il faut s’appuyer sur cette nouvelle génération, qui a envie de s’inscrire dans ces évolutions, et qui en a les capacités, de par le renouveau des investissements sur les exploitations. Tous les feux sont donc au vert pour le faire avec les jeunes agriculteurs.

Lors de votre conférence de rentrée, en septembre 2025, vous évoquiez le fait que si ces conférences n’allaient pas dans le sens souhaité, vous n’hésiteriez pas à changer de cap ou de capitaine. Quelle direction voulez-vous ?

Nous participerons au lancement du 08/12/2025, ainsi qu’aux premiers travaux. Mais si nous voyons que tout cela n’est finalement qu’un énième constat de plan de filière, que nous avons du mal à nous mettre dans un projet de prospective, nous le dénoncerons. Si à travers ces conférences de la souveraineté alimentaire, l’enjeu est de faire de la politique politicienne ou des opérations de communication pour servir des intérêts politiques, cela ne nous intéresse pas. Nous voulons des réponses concrètes pour les agriculteurs, même si elles ne sont pas parfaites, il va falloir que nous en ayons très rapidement. Dès même le lancement, la ministre doit partager un objectif de finalité.

Quelle mesure voulez-vous absolument voir apparaître dans ces travaux ?

Voir naître une déclinaison concrète d’un contrat d’avenir

Nous voulons absolument y voir naître une déclinaison concrète d’un contrat d’avenir engageant les politiques, le secteur économique et les agriculteurs dans une durée limitée, entre cinq et dix ans selon les filières et les cultures. Nous avons travaillé ces contrats d’avenir. Ils ne sont pas parfaits, mais il faut nous laisser la possibilité de le faire collectivement, d’avoir une phase test, d’essayer d’accompagner concrètement des initiatives en Occitanie, par exemple, sur l’arrêt de la production vitivinicole, pour aller sur d’autres filières plus porteuses. Nous savons que c’est possible. Ça n’a pas vocation à accompagner tous les agriculteurs du territoire dans le même temps parce que nous n’avons pas tous le même degré de besoin d’adaptation au changement et les filières ne connaissent pas toutes les mêmes difficultés. L’idée est de prendre des cas très concrets de solutions apportées aux agriculteurs, de manière assez durable, qui les engagent, et finalement créer une dynamique.

Pierrick Horel


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Fiche n° 52186, créée le 30/08/2024 à 10:33 - MàJ le 04/06/2026 à 16:56

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